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« Plus rare que le foncier ? Oui, la rareté en eau »

Quand ouvrir une usine devient une aventure naturelle 

« Il y a plus difficile que la rareté des fonciers : la rareté en eau » – Sous-préfet à la relance

Nous échangions la semaine dernière avec l’un des Sous-préfet à la relance au sujet des freins traditionnels de l’implantation des nouvelles usines (NDLA : les sous-préfets à la relance ont été nommés en 2020 au sein des sous-préfectures départementales pour coordonner les services de l’Etat en soutien à l’effort de relance). Au cœur de notre discussion ? Les problématiques administratives et, surtout, l’environnement.

Choisir le bon terrain : un pari environnemental 

Prenons un exemple. Un industriel recherche un terrain et tombe en accord avec la mairie pour le lui céder. 1 an s’écoule entre la recherche du terrain et la demande de permis de construire. Manque de chance : le Plan Local d’Urbanisme (PLU) ne prévoit pas sur ce terrain l’installation des activités Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE).

C’est reparti pour la recherche de foncier ; avec l’aide de la préfecture, l’industriel identifie un nouveau terrain. Pour s’y implanter, les autorités environnementales (DREAL : Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) demandent une étude d’impact conjointe entre l’industriel et la collectivité. Trouver des dates d’échange, travailler en parallèle pour accélérer le processus.. autant de modalités de travail différentes entre l’entreprise et le territoire. Résultat  : 1 an et demi s’écoulent entre la nouvelle recherche de site et le nouveau dépôt de permis de construire.  

“Le pire est derrière nous ! ” 

Nous aimerions le dire… mais malheureusement, les choses ne vont pas aller en s’améliorant. Les industriels vont demain faire face à plus de contraintes : la rareté du foncier disponible (cf notre prochain article), oui, mais aussi la rareté en eau.

« Sur l’approvisionnement en eau, nous sommes aujourd’hui en niveau renforcé, le stade suivant c’est la crise. Il n’y a pas au-delà. Cela exige, sur notre territoire, la réduction de la consommation en eau de 40% pour les industriels n’ayant pas d’arrêté spécifique. »

Sous-préfet à la relance

Plus de renseignements sur ce site

Carte de la France montrant via des couleurs le stade de d'alerte
Légende de la carte des niveaux d'alertes pour observer la rareté en eau

Source : Propluvia.gouv

Que faire pendant ce stade renforcé de rareté en eau ?

Tout industriel qui s’implante sur un nouveau terrain doit prendre en compte la mesure de cette contrainte au-delà de l’impératif administratif. En effet, une alerte renforcée autorise les autorités à imposer une réduction drastique de l’utilisation de l’eau. 

Quelques actions possibles :  

  • Prévoir des dispositifs de récupération de l’eau dans les installations industrielles
  • S’installer à côté d’autres industriels qui peuvent favoriser le réemploi de cette eau
  • Mettre en place des solutions communes comme la création de bassin d’eau industriel

Plus d’exemples d’actions possibles sur ce site

Les besoins de ressources en eau pour l’industrie en quelques exemples chiffrés :

  • 11.000 litres d ‘eau virtuelle* pour un jean importé d’Asie
  •  400 à 11.000 m3 d’eau virtuelle par tonne de rayonne (viscose)
  •  300 à 600 m3 d ‘eau virtuelle par tonne d’acier
  • 500 m3 d’eau pour 1 tonne de papier
  • 60 à 400 m3/tonne de carton
  • 35 m3/tonne de ciment
  • 32 litres pour une puce électronique
  • 7 litres pour une bouteille en plastique
  • Pour produire une voiture, il faut en moyenne 35 000 litres d’eau.

*La quantité d’eau nécessaire à la production de certains produits de consommation

Il existe 4 niveaux d’alerte définis par l’État :

  • Vigilance : ce niveau consiste à informer et inciter les particuliers et les professionnels à faire des économies d’eau
  • Alerte : l’atteinte de ce deuxième niveau a pour conséquence la réduction des prélèvements à des fins agricoles à moins de 50% (ou interdiction de prélèvement jusqu’à 3 jours par semaine), des mesures d’interdiction de manœuvre de vanne (régulation des débits d’eau) et d’activités nautiques. Il implique également l’interdiction à certaines heures de laver sa voiture, d’arroser les jardins, les espaces verts ou les golfs…
  • Alerte renforcée : ce troisième niveau prévoit la réduction des prélèvements à des fins agricoles supérieure ou égale à 50% (ou interdiction de prélèvement supérieure ou égale à 3 jours par semaine). Il limite plus fortement les prélèvements pour le lavage des voitures, l’arrosage des jardins, des espaces verts ou des golfs. Il intègre jusqu’à l’interdiction de certains prélèvements. 
  • Crise : quatrième et dernier niveau d’alerte, il impose un arrêt des prélèvements non prioritaires, y compris à des fins agricoles. Seuls les prélèvements permettant d’assurer l’exercice des usages prioritaires sont autorisés (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité). 

Vous avez besoin de vous améliorer face à la contrainte en eau ? Voici un peu de lecture de nos sources : 

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