Retour vers le futur : dans votre usine, vous regardez l’avenir !

C’est décidé : vous lancer la construction de votre futur site industriel ! Quand sera-t-il prêt ? Mystère… Peut-être dans 2, 3 ans… 4 ans, amorti au bout de 10 ans. Votre usine, ce sera donc vous… dans 14 ans ! 

La notion de temps long et de pérennité est en effet indissociable d’un projet d’implantation industrielle. Vous devez construire en vous projetant dans ce que sera l’industrie et le territoire dans plus de 10 ans. 

Un exercice d’équilibriste ? Non, de la pure stratégie. 

“Se projeter à 15 ans ? mais vous êtes fou !” 

L’exercice stratégique de projection à 10 ans concerne avant tout l’entreprise. Vos marchés, vos processus de production, vos innovations… Tout dirigeant y est habitué. 

Mais cette projection ne s’arrête pas là ; elle concerne également le territoire. Comment va-t-il évoluer ? Pensez-vous que les ressources en eau vont se tarir ? L’écosystème et les chaînes de valeur industrielles locales vont-elles se transformer ? Quels paris faites-vous sur l’accès aux ressources énergétiques ? En ce sens, le dirigeant est moins bien informé et accompagné. 

S’il est particulièrement difficile de se projeter à 10 ans dans la conjoncture actuelle, l’erreur serait de ne pas le faire. On sait aujourd’hui que les gisements de rentabilité de l’industrie de demain résident dans le collectif, l’écosystème productif local. Vous pariez sur des échanges de chaleur dans les années à venir avec les autres industriels ? Pensez-le dès la conception de votre nouvelle supply chain. Les futures contraintes industrielles et la résilience de votre écosystème, qui sera le facteur n°1 de votre stratégie.

L’usine de demain sera “anti-Zola”

Sait-on à quoi ressemblera l’usine de demain ? 

La réponse est simple : à l’image que vous voulez projeter de vous. Montrez-moi votre usine et je vous dirai qui vous êtes ! 

Chez Compagnum, nous parions sur une usine : 

  • Lumineuse. L’antithèse de l’usine que l’on lit sur les bancs de l’école ! Pensez à l’aménagement intérieur et extérieur de l’usine à l’inverse de ce que vous avez connu. 
  • Regardée. Oui, votre usine mérite d’être vue depuis la route et d’être regardée. Vous pouvez en faire un bâtiment agréable à l’œil ? Y inclure des œuvres d’art qui vous ressemblent ? Ce n’est pas anecdotique. “Nous menons la bataille des coeurs”, disait l’ancienne Ministre déléguée en charge de l’Industrie. Des initiatives comme l’Industrie Magnifique l’ont compris : surjouer l’esthétique est un enjeu d’acceptabilité. 
  • Moteur de la transition environnementale et énergétique. N’attendez pas qu’on vous demande d’installer des panneaux solaires ou des dispositifs de gestion des eaux de pluie et d’absorption des sols. Faites-le proactivement ; allez d’ores et déjà chercher les synergies au niveau local et inscrivez-les au plus tôt dans votre feuille de route industrielle voire à l’agenda de vos négociations si vous reprenez un site. Lire notre prochain article : l’industrie sera circulaire ou ne sera pas
  • Inclusive. Vous avez l’occasion de repenser votre process industriel : c’est le moment d’automatiser pour vous permettre de recruter plus de femmes, plus de salariés en situation de handicap ou en réinsertion ! C’est aussi l’occasion de penser un management ouvert et transparent au sein même de l’atelier. “Nous voulons concevoir une usine de plain-pied pour que tous nos collaborateurs se voient et se parlent”, Largo à Nantes. “. 
  • Qui favorise le réemploi. En l’occurrence, qui se pose la question dès le départ sur l’intérêt de créer un site ex-nihilo vs. réhabiliter un site existant

Et quid de la verticalité ? A l’heure où le foncier nu se fait rare, la question se pose. Si le sujet n’est pas encore entré dans les mœurs, demandez-vous ce que vous en penserez dans 15 ans. 

Le futur se construit ensemble 

Bien souvent, les acteurs locaux (collectivités, associations, services de l’Etat…) indiquent au dirigeant les sujets qui vont l’affecter demain et les synergies possibles entre les industriels. C’est un fait – l’usine ne peut plus se construire sans collectif ni enjeux du territoire.

Favoriser l’implantation d’usines, c’est un “nouveau contrat social” (Nicolas Dufourcq, DG de Bpifrance) entre les industriels, les pouvoirs publics et la société civile. Il ne s’agit pas, au nom des relocalisations, de privilégier à tout prix le foncier industriel vs. les logements ; ou de considérer que l’industrie a toutes les réponses aux problématiques énergétiques ou sociétales. Tout est une question d’équilibre et nous en sommes, tous, partie prenante. 

Une industrie collective, cela nécessite de changer radicalement d’état d’esprit ; par exemple, de faire (vraiment) passer la qualité de l’écosystème devant les subventions comme le mentionne the (RE)SET Company dans notre guide Réussir son implantation industrielle. Cela s’accompagne, sur les plans managériaux, juridiques et innovation. S’implanter sur un territoire, c’est donc une nouvelle compétence stratégique qui nécessite de nouveaux acteurs dans nos comités de Direction et nos comités projets. Des acteurs locaux, publics, prospectifs, qui aident le dirigeant à se projeter dans 15 ans.

Alors, prêts pour la boule de cristal ?

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